Lorsque je regarde le chemin parcouru depuis mes premiers pas dans la famille rotarienne en 2015, je réalise que cette aventure m’a accompagné pendant une partie importante de ma construction personnelle et professionnelle. J’y ai rencontré des femmes et des hommes, appris à servir, pris des responsabilités, connu des réussites mais aussi des moments d’apprentissage.
Plus qu’une appartenance à une organisation, le Rotary est progressivement devenu pour moi une certaine manière de concevoir ma place dans la société.
Tout commence avec le Rotaract
Mon histoire commence en 2015 au Rotaract Club Ouagadougou Arc-en-Ciel.
J’étais encore un jeune homme en construction, avec beaucoup d’ambitions, des projets et cette envie de faire quelque chose de ma vie. Le Rotaract va m’apporter autre chose : la découverte du service et de l’engagement communautaire.
Au fil des années, j’y assume différentes responsabilités : protocole, secrétaire, puis président du club.
La présidence constitue évidemment une étape importante, mais avec le recul, ce ne sont pas les titres que je retiens le plus.
Je retiens les personnes.
Je retiens les réunions, les actions, les responsabilités partagées, les difficultés qu’il faut apprendre à gérer ensemble, les amitiés qui se créent et surtout cette idée toute simple : chacun possède quelque chose qu’il peut mettre au service des autres.
Le Rotaract a ainsi constitué pour moi une véritable école de leadership.
Pas un leadership de statut ou de titre, mais celui qui nous apprend progressivement à écouter, à travailler avec des personnalités différentes, à prendre des responsabilités et à comprendre qu’avant de demander aux autres de s’engager, il faut soi-même être disposé à donner de son temps.
Du Rotaract au Rotary : poursuivre la même histoire
Avec les années, mon parcours professionnel a évolué. Je suis devenu entrepreneur, photographe et communicateur. Mes responsabilités ont grandi, mais mon attachement à la famille rotarienne est resté.
Le passage du Rotaract au Rotary n’a donc jamais représenté pour moi une rupture.
Il s’agissait plutôt de la continuité naturelle d’une histoire commencée plusieurs années auparavant.
Cette histoire connaît une nouvelle étape avec la création du Rotary Club Ouagadougou Golden, dont j’ai l’honneur d’être membre fondateur.
Participer à la naissance d’un club possède une saveur particulière.
Il ne s’agit pas simplement de rejoindre une structure existante. Il faut participer à sa construction, créer une identité, fédérer des femmes et des hommes autour d’une vision commune et surtout imaginer ce que ce nouveau club pourra apporter à sa communauté.
J’ai notamment eu la responsabilité de présider la Commission Action publique du club et, en juin 2026, celle de conduire le comité d’organisation de notre cérémonie de remise de charte.
Cette soirée restera forcément particulière dans mon parcours.
Voir officiellement naître le Rotary Club Ouagadougou Golden après tout le travail accompli représentait bien davantage qu’un événement. C’était le début d’une nouvelle aventure collective.
Servir avec ce que l’on sait faire
Avec le temps, j’ai également compris qu’il existe plusieurs manières de servir.
Mon métier est la communication et l’image. Je suis photographe professionnel et entrepreneur dans le domaine de l’audiovisuel.
Alors, lorsque cela est possible, j’essaie simplement de mettre ces compétences au service du Rotary.
Documenter une action, raconter une histoire, réaliser des images, participer à la communication d’un événement ou contribuer à faire connaître un projet sont aussi, à mes yeux, des formes de service.
C’est notamment dans cet esprit que j’ai participé aux Assemblées et Conférences du District 9101 à Abidjan en 2026, un grand rendez-vous qui rassemble les Rotariens du District autour de la formation, du partage d’expériences et de la réflexion sur l’action rotarienne.
Ces rencontres ont renforcé une conviction : le Rotary dépasse largement les frontières d’un club.
Le District 9101 rassemble des Rotariens de dix pays d’Afrique de l’Ouest. Derrière la diversité des nationalités, des métiers, des générations et des parcours, on retrouve pourtant cette même volonté de servir.
C’est cette dimension qui me fascine également dans le Rotary : pouvoir agir localement tout en appartenant à une communauté internationale.
Ce que le Rotary m’a apporté
On parle beaucoup de ce que les Rotariens apportent à leurs communautés. On parle peut-être moins souvent de ce que le Rotary transforme en nous.
Personnellement, il m’a énormément appris.
Il m’a appris que l’on peut être ambitieux pour soi-même tout en restant disponible pour les autres.
Il m’a appris que l’engagement demande de la constance.
Il m’a appris que servir ne signifie pas forcément disposer de beaucoup de moyens. On peut servir avec son temps, son métier, son expérience, son carnet d’adresses, une idée, une compétence ou simplement sa disponibilité.
Il m’a surtout permis de côtoyer des générations différentes de la mienne.
Des hommes et des femmes ayant parfois beaucoup plus d’expérience professionnelle ou humaine que moi, auprès desquels j’ai appris, observé et grandi.
C’est probablement l’une des plus grandes richesses de cette famille.
Pourquoi je crois au Rotary pour la jeunesse
Après plus d’une décennie de vie rotarienne et rotaractienne, je reste convaincu que beaucoup de jeunes gagneraient à découvrir les clubs de service.
Dans un monde où l’on nous encourage beaucoup à réussir individuellement, appartenir à une organisation comme le Rotary nous rappelle que la réussite peut aussi se mesurer à notre capacité à être utile.
On y apprend le leadership, la prise de parole, l’organisation, la gestion de projets et le travail en équipe. On y construit naturellement un réseau. Mais lorsque l’esprit du Rotary est véritablement compris, le réseau devient une conséquence et non une finalité.
La finalité reste le service.
C’est cette philosophie qui continue de me parler après toutes ces années.
Une histoire qui continue
Aujourd’hui, je suis Paul Harris Fellow (PHF) et membre du Rotary Club Ouagadougou Golden.
Ces distinctions ou responsabilités font partie d’un parcours, mais elles ne constituent pas une finalité.
Je considère encore avoir énormément à apprendre.
Je souhaite continuer à grandir professionnellement, développer mes entreprises, découvrir le monde, rencontrer de nouvelles personnes et construire de nouveaux projets. Mais je souhaite aussi conserver cette place pour le service dans ma vie.
Parce qu’avec les années, j’ai compris quelque chose de simple : on peut réussir seul, mais certaines des plus belles réussites sont celles dont d’autres personnes bénéficient également.
C’est probablement ce qui résume le mieux mon attachement au Rotary.
Depuis mes premiers pas au Rotaract en 2015 jusqu’à l’aventure du Rotary Club Ouagadougou Golden aujourd’hui, les fonctions ont changé, les responsabilités ont évolué et moi aussi j’ai grandi.
Mais l’essentiel demeure.
Servir d’abord.
Et continuer, avec humilité, à mettre ce que je suis, ce que je sais faire et ce que la vie m’a permis d’acquérir au service des autres.
Alassane KIONON
Paul Harris Fellow
Past-Président du Rotaract Club Ouagadougou Arc-en-Ciel
Membre fondateur du Rotary Club Ouagadougou Golden
District 9101 – Rotary International